Essai: Porsche Macan GTS 2017 = bof

En adoptant les trois lettres magiques GTS, le Macan enfile le jogging et s’affûte. Il s’agit en fait d’un S porté à 360 ch, aux trains roulants revus.

L’appellation sacrée GTS touche désormais le petit 4×4, qui devient le dixième membre d’une grande famille remontant à la mythique 904 GTS (1963). Foncez voir la vidéo de Walter Rörhl à son volant ! Mais il fête son entrée parmi l’élite sportive d’une drôle de manière. Drôle n’est pas le mot adéquat puisque, au contraire, il fait l’impasse sur le fun. C’est tout le problème de ce SUV au look agressif, qui reste sur la retenue contrairement à tous les autres membres du clan GTS. Les sensations mécaniques et dynamiques laissent sur sa faim. Explications.

 

Moteur fade

Le V6 biturbo fait pourtant des efforts pour gagner du muscle par rapport à la fade version S. Les 20 ch supplémentaires sont obtenus en revoyant l’admission, les contre-pressions à l’échappement et la pression de suralimentation (1,2bar maximum). Mais rien n’y fait. Le 3litres demeure lisse, avec une petite voix et peu de charisme. Les mises en vitesse semblent en deçà des chiffres annoncés. La version Turbo de 400ch (3,6litres biturbo) est autrement plus véloce, malgré 40ch d’écart seulement. Revoyez l’essai de cette version par ici. Les deux mécaniques se rejoignent sur un point : elles ont séché les cours de chant. Les occupants ne perçoivent que de petits grondements, en raison d’un filtrage excessif. Dommage. En clair, le grand frisson n’est pas au rendez-vous et le 3litres rate le coche.

 Une vraie Porsche ne se résume pas à une mécanique d’exception. Elle se doit d’exceller dès que la route serpente. Encore une fois, le Macan GTS déçoit. Les prestations ne sont pas mauvaises pour un 4×4, mais elles restent inférieures à celles d’un Turbo. Malgré tout, le GTS fait des efforts : assiette abaissée, amortissement piloté en série, pneus mixtes Michelin Latitude Sport 3, freins du Turbo… Alors oui, la gestion de l’inertie est correcte au regard de la masse, mais le compromis est moins efficace et moins dynamique que celui du Turbo. Quant à l’arrière-train, il se révèle moins joueur. La preuve en images avec l’essai de la version Turbo, adepte du survirage en sortie de courbes. Cette version n’est pas assez vive et communicative pour mériter l’appellation GTS.  Cela passe aussi par un toucher de route trop filtré, une boîte PDK réagissant tardivement et des freins carbone/céramique (optionnels) au mordant tout juste acceptable. En clair, le Macan GTS est un gentil compagnon au quotidien, mais pingre en sensations sportives. Dans l’ensemble, il reste moins sportif que le Turbo. Dommage que Porsche n’ait pas déridé davantage son best-seller.

Le dynamisme est davantage digne d’un S que d’un GTS. La masse élevée se ressent et ce SUV n’est pas assez joueur. Pour mémoire, une vraie Porsche GTS, c’est ça : revoyez la vidéo de la 911 991 GTS face à ses rivales.

Notre avis

En résumé, le Macan GTS ne se lâche pas suffisamment. Le moteur reste sage : sonorité, caractère. Le comportement, lui, manque de tranchant et de fun. Contrairement aux autres Porsche, la version la plus sympa se nomme ici Turbo.

En quelques chiffres

Voici quelques données techniques sur le Porsche Macan GTS, publiées dans le Sport Auto du mois d’août n°655 :
> Moteur : V6 biturbo,  3 litres,  360 ch à 6 000 tr/mn, 51 mkg à 1 650 tr/mn
> Transmission : Intégrale, 7 rapports robotisés
> Poids mesuré : 1895 kg
> Performances mesurées : vitesse maxi 256 km/h,  0 à 100 km/h en 5’’0, 1 000 m départ arrêté en 24’’7
> Prix de base/modèle essayé : 76.115€ / 98.597€

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